Sur les toits des villes

Saison 2

Berlin – Londres – Los Angeles – Rome – Bangkok

Avec cette nouvelle collection, Gedeon Programmes propose de faire découvrir plusieurs grandes capitales ou mégalopoles internationales depuis un angle original et le plus souvent complètement inédit : leurs toits !

 

Berlin

 

Berlin est l’une des capitales les plus anciennes et les plus jeunes du continent européen. Capitale de la région du Brandebourg dès le 13e siècle, elle ne redevint celle de l’Allemagne réunifiée qu’en 1990, après la chute du Mur. En à peine trois décennies, peu de villes historiques en Europe se sont transformées autant qu’elle en termes d’urbanisme et d’architecture. Dans l’arrondissement de Kreuzberg, un ancien parking fut transformé en 1987 en école coiffée d’un jardin. Au fil des années 70, à Kreuzberg toujours, des populations jeunes se sont installées illégalement, sauvant des bâtiments d’une destruction décidée par les autorités. Trente ans plus tard, certains sont toujours là. Au cœur de Grünewald, le plus grand espace vert de la capitale, le Teufelsberg est devenu le royaume des graffiteurs et de drôles de danseurs. En novembre 2009, pour le 20e anniversaire de la chute du Mur, la compagnie Teater Anu créait une performance hors du commun : « Engelland », le territoire des anges. Ce territoire, ce sont les toits de Berlin. Huit anges, huit destins liés à la construction d’un mur qui a bouleversé leur vie. Le Palais du Reichstag, lui, abrite le parlement allemand depuis 1999. Le bâtiment arbore sur son toit une célèbre coupole de verre, symbole de transparence de la démocratie allemande et de la toute-puissance de son peuple. Enfin, à Neukölln, le Klunkerkranich est une scène musicale très active à Berlin.

 

 

Londres

 

      Longtemps symbolisée par la coupole de sa cathédrale Saint-Paul, Londres l’est aujourd’hui peut-être plus par ses gratte-ciels, toujours plus nombreux. Si l’amour des Londoniens pour leurs beaux parcs et jardins ne faiblit pas, il semble qu’un penchant aigu pour le modernisme les caractérise désormais. Et pour admirer ce modernisme jaillissant, il faut prendre de la hauteur. Depuis près de 15 ans, le photographe James Burns met Londres en boîte de façon grandiose, à travers son projet « London from the rooftops ». S’ils servent à certains de miradors, les toits sont pour d’autres des territoires d’expérimentations, architecturales et militantes notamment. C’est le cas de Theo Molloy, un jeune architecte qui, avec son équipe, a même raflé le premier prix ! Non loin, sur un morceau de la ville qui n’a pas encore été détruit campe une drôle de gare aux trains immobiles : Village Underground. Malgré une privatisation croissante de ses espaces, Londres et sa skyline toitière aiguisent l’appétit des esprits libres, comme l’acrobatique Andrei Burton, champion de vélo trial. Dans le nord de Londres, Patrick Withaker et Keir Malem, deux créateurs de costumes pour le cinéma, ont imaginé à domicile une surélévation pour le moins originale. Enfin, à Kensington, se perchent les surprenants Roof Gardens, où Pilar Medrano-Bell, la jardinière en chef, se sent presque comme chez elle.

 

Los Angeles

 

      Aujourd’hui, avec près de 19 millions d’habitants, l’agglomération de Los Angeles est la plus peuplée des Etats-Unis après New-York. La ville et son océan de toits s’étirent à perte de vue. Un gigantesque patchwork de quartiers aussi divers que nombreux. Sous le soleil californien, les toits se révèlent. Des multiples signes lumineux que compte la ville, celui du Rosslyn Hotel est parmi les plus emblématiques. À l’ouest de Downtown, Koreatown est un quartier très densément peuplé. L’architecte Lorcan O’Herlihy y a créé un toit aux lignes courbes, ouvert aux éléments et aux résidents de l’immeuble. Avec plus de 300 jours d’ensoleillement par an, Los Angeles jouit d’un climat méditérannéen. Résultat : une atmosphère parfois étouffante, aggravée par la grande pollution, mais idéale pour capter l’énergie solaire. On y trouve ainsi la plus grande concentration mondiale de panneaux photovoltaïques en milieu urbain. En peignant les toits en blanc, Mauro essaye lui aussi de rafraîchir sa ville. Sur le toit des Charles Cobb Appartments, leurs résidents tentent de remettre un pied dans la société. Pour beaucoup d’entre eux, ce toit offre un nouveau départ dans la vie. Entre l’Arts District et Aliso Village, Vignes Street fut baptisée en l’honneur d’un vigneron français. Un patronyme charmant aujourd’hui associé à un groupe de jazz toitier ! A Hollywood, le toit du Montalbàn Theater fut un temps transformé en terrain de basket. Mais l’esprit du 7eme art s’y est finalement imposé de nouveau.

 

                                                                                                     

Rome

 

      Véritable patchwork historique et architectural, Rome l’hétéroclite offre pourtant l’un des paysages urbains les plus harmonieux qui soit, subtil mélange d’innombrables coupoles et de toits de tuiles. Posés au sommet de ce mille-feuilles architectonique, sublimes et incomparables, les toits de Rome ont donc bien des histoires à raconter. C’est sur le toit-terrasse du couvent des sœurs de Sainte-Elisabeth que nous retrouvons par exemple Franco Bevilacqua, ancien illustrateur pour de nombreux journaux italiens, qui a consacré un livre d’aquarelles aux toits de sa ville natale. Certains y font notamment verdoyer des jardins extraordinaires, comme Rossella Sleiter, journaliste à La Repubblica où elle tient la rubrique « mains vertes ». Au sommet de la tour des Capocci, Luca Giampaoli, un artisan d’art réputé dans le monde du cinéma, cherche l’inspiration afin de sublimer son savoir-faire qu’il a, comme la tour, reçu en héritage. Le quartier Garbatella, quant à lui, a vu naître en 1994 un centre socio-culturel baptisé « La Strada ». Un centre militant au statut encore illégal, dont le toit s’est notamment ouvert aux arts de la rue et que Gabriele, l’un de ses responsables, nous fait découvrir. Enfin, sur une terrasse de la Via del Babuino, dans le quartier du Trident, c’est une leçon de « pasta alla Romana » qu’invite à partager la chef Silvia Portentoso.

 

Bangkok

 

         Grand centre économique et financier de l’Asie du Sud-Est, Bangkok est aussi l’une des grandes capitales de l’architecture bouddhiste. Bangkok compte en effet de nombreux temples prestigieux. L’un des plus éminents est certainement le Wat Saket, un lieu que fréquentent nombre de pèlerins et de touristes, mais aussi bien sûr les moines attachés au temple, comme le vénérable Pisut Visuddho. Bangkok est aussi une capitale de la fête et des rooftop bars ; mais quand certains vont se coucher à l’aube, d’autres sont déjà à pied d’œuvre, comme Teerapol Techavichian, membre actif de la Fédération thaïlandaise de colombophilie qui possède sur son toit un vaste pigeonnier. Les habitants de Bangkok, eux, disposent d’espaces verts toujours plus restreints, les constructions ne cessant de se multiplier. Saumil Shah, ingénieur américain installé depuis 2008 en Thaïlande, a décidé d’en tirer profit et de produire de la spiruline sur les toits. Dans le quartier de Chatuchak, l’un d’eux abrite une salle d’entraînement dédiée au sport national, la boxe thaïlandaise. Un art martial ancestral qu’enseigne l’ancien boxeur professionnel Manop Termsuk. Enfin, au centre bouddhiste Sathira Dhammasathan, sa fondatrice, la Vénérable Mae Chee Sansanee Sthirasuta propose de mettre le dhamma, l’enseignement du Bouddha, au cœur de la vie quotidienne.

 

 

Une série découverte de 5×43’ et 5×52’

Réalisée par Xavier Lefebvre et Denis Dommel

Ecrite par Laurent Martein et Gautier Dubois

Une production : GEDEON Programmes – ARTE G.E.I.E

Diffusée sur Arte tous les jours à 19h du 17 au 21 septembre 2018