NEANDERTAL, LE MYSTERE DE LA GROTTE DE BRUNIQUEL

Dans les profondeurs de la grotte de Bruniquel, un mystère intrigue les archéologues depuis 1990. À 360 m de l’entrée, des spéléologues ont découvert une structure ovale, large de 5 à 7 mètres, et 5 autres plus petites, le tout parsemé de traces de feu : le feu, c’est l’Homme. Plus de quatre cents stalagmites ont été brisées, retaillées et agencées pour construire cette architecture insolite et unique au monde. Mises bout à bout, ce sont 112 mètres linéaires de stalagmites — pour 2,2 tonnes — qui ont été déplacées.

Une récente étude, publiée dans la revue Nature, vient de dater avec précision l’âge de la structureà 175600 ans, faisant reculer considérablement la date des incursions de l’Homme en grotte profonde. Cette étude, menée sur 3 ans par le préhistorien Jacques Jaubert, la paléoclimatologue Sophie Verheyden et une équipe pluridisciplinaire, relance la question sur les capacités cognitives de Néandertal, qui souffre, depuis sa découverte à la fin du XIXe siècle, d’une vision péjorative.

Quelle était la fonction de cette structure: utilitaire ou rituelle? Quoi qu’il en soit, cela indique qu’il avait des capacités cognitives, sociales et verbales encore jamais attestées à un âge aussi ancien, sans oublier la maîtrise du feu pour s’éclairer avec des torches dans l’obscurité absolue d’une grotte profonde.

Grâce à l’incroyable découverte à Bruniquel dont nous avons les images exclusives,nous venons compléter avec des révélations récentes un puzzle fascinant qui dessine le vrai visage de Néandertal.

Et si Bruniquel était la preuve d’une certaine spiritualité des tout premiers Hommes de Néandertal?

Les topographes au travail, lac Zen, grotte de Bruniquel. Photo Etienne Fabre/SSAC

52’

Réalisation Luc-Henri Fage

Production Gedeon Programmes/Felis Production – 2018